Une isolation en béton

Une isolation en béton
Deux immeubles du Toit Angevin à la Guérinière sont construits à partir d’un béton léger et isolant.

On n’arrête pas le progrès ! Renaud Bonnel peut en attester.
Dirigeant de l’entreprise du bâtiment Bonnel implantée à Champigné, il est de la 14e génération des tailleurs de pierre qui l’ont fondée, la 3e seulement à travailler le béton.
Aujourd’hui, l’effectif d’une centaine d’employés est également partagé entre tailleurs de pierre et maçons. Une bonne partie de ces derniers est en train de boucler un chantier des plus innovants dans la ZAC de la Guérinière-Quantinière à Trélazé.
« Les techniques de construction ne diffèrent pratiquement pas de celles en usage traditionnellement. Il faut toutefois veiller à préparer des coffrages plus étanches. » Conducteur de travaux de l’entreprise Bonnel, Axel Lanoë n’en est pas à une première. Dans le quartier du Bois du Roy à Avrillé, il a déjà mené une opération similaire avec son équipe en construisant des logements sociaux qui ont été livrés en septembre 2013.
Gains importants sur toute la construction « Il s’agit du deuxième chantier de ce type en province. Le procédé est nouveau et encore pratiquement en expérimentation même si les références du produit sont d’ores et déjà validées. »

Les représentants des bétons Lafarge et de l'entreprise Bonnel devant le chantier innovant de deux immeubles représentant 43 logements conduit à la demande du Toit Angevin
Les représentants des bétons Lafarge et de l’entreprise Bonnel devant le chantier innovant de deux immeubles représentant 43 logements conduit à la demande du Toit Angevin

 

Responsable de l’unité de Saint-Barthélemy-d’Anjou des bétons Lafarge, Franck Limouzin rejoint Renaud Bonnel et Axel Lanoë dans leur appréciation sur ce béton « nouvelle génération » Thermedia, marque déposée du cimentier. « Il est trois fois plus isolant qu’un béton classique » disent les trois techniciens du bâtiment.
Cette spécificité n’est surtout pas négligeable dans la quête de bonifications thermiques des immeubles.
La volonté du bailleur social Le Toit Angevin d’atteindre une performance énergétique permettant le classement en « Bâtiments basse consommation » de ces ceux immeubles adossés au bois de la Guérinière a conduit le cabinet d’architecture nantais Enet – Dolowy à recourir à cette technique.
À Trélazé, les 1 900 m2 de façade des deux immeubles (43 logements) ont été réalisés avec 330 m3 de Thermedia, fabriqué dans la centrale bartholoméenne toute proche de la rue de Villechien.
Les gains sont multiples, thermiques et économiques. « Il n’est plus nécessaire de poser des rupteurs pour éviter les ponts thermiques ni d’installer des isolants extérieurs comme des bardages.
L’économie se fait sur les matériaux et sur la durée du chantier. » Autre avantage, la densité moins pesante du Thermedia permet d’alléger les fondations. Cette évolution correspond à une démarche entamée depuis plusieurs années par les professionnels du Bâtiment autour de la durée de vie de leurs constructions. Elle est aussi initiée par les bailleurs sociaux contraints de rénover à grande échelle un parc immobilier vieux d’un demi-siècle.
« La prise de conscience de la profession est réelle » souligne Renaud Bonnel qui met en avant la réflexion sur la nécessaire longévité des bâtiments contemporains.
Logique de la part d’un descendant des tailleurs de pierre qui envisage d’ailleurs de développer le concept de pierre massive dans des constructions urbaines.

 

Source : Courrier de l’Ouest – 23 juillet 2014